C’est une femme végétale qui luit et fuit dans les herbes
hautes d’une prairie de la lune verte de la galaxie Caslzsj. L’air s’y fait
lourd et malgré cela, elle plane, elle vole, se pose, décolle. Sa chevelure
sauvage pétille au contact des sécrétions étincelantes de l’atmosphère. La nature
jouit de la présence de cette âme sœur mouvante et vibre sous le frôlement de
ses pas. Une parcelle de dureté réside dans la douceur de cette créature à qui
il n’est qu’impossible de résister. Elle embrase les éléments et perturbe le
cours habituel d’un étang de lave glaciale en y remuant le bout de son orteil
droit, si bien que le crime de son innocence provoque en cette lune des
cataclysmes incalculables et beaux. Les cascades s’empiffrent du tumulte des cœurs,
battant dans un dernier élan avant de sombrer dans le néant des ventricules. Et
les corps de tomber dans l’air. Et les petits soleils de trébucher dans le plat
fond des gouffres reculés. Ils tiédissent et feu la marée dans une lutte sourde
avec les roches du bord de l’eau. Est-ce leur bourreau ? Est-ce une
victime ? Fine comme un roseau, la femme glisse sur la rive humide dont la
surface est parfois caressée par le vent. L’invisible est à ses trousses. Elle
perd de la vitesse, comme piégée par le reflux gastrique d’une mer couleur
menthe. Absurdité, puisqu’elle ne peut plus lui échapper, la prend dans un
déchainement de violence inerte et un torrent de câlins impassibles. Mais
surprise : en arbre elle se métamorphose. Absurdité se cogne contre un
mythe et tombe, inconsciente au beau milieu d’une vase d’argent unique.
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