mardi 5 juin 2012

L'absurde chrysalide


C’est une femme végétale qui luit et fuit dans les herbes hautes d’une prairie de la lune verte de la galaxie Caslzsj. L’air s’y fait lourd et malgré cela, elle plane, elle vole, se pose, décolle. Sa chevelure sauvage pétille au contact des sécrétions étincelantes de l’atmosphère. La nature jouit de la présence de cette âme sœur mouvante et vibre sous le frôlement de ses pas. Une parcelle de dureté réside dans la douceur de cette créature à qui il n’est qu’impossible de résister. Elle embrase les éléments et perturbe le cours habituel d’un étang de lave glaciale en y remuant le bout de son orteil droit, si bien que le crime de son innocence provoque en cette lune des cataclysmes incalculables et beaux. Les cascades s’empiffrent du tumulte des cœurs, battant dans un dernier élan avant de sombrer dans le néant des ventricules. Et les corps de tomber dans l’air. Et les petits soleils de trébucher dans le plat fond des gouffres reculés. Ils tiédissent et feu la marée dans une lutte sourde avec les roches du bord de l’eau. Est-ce leur bourreau ? Est-ce une victime ? Fine comme un roseau, la femme glisse sur la rive humide dont la surface est parfois caressée par le vent. L’invisible est à ses trousses. Elle perd de la vitesse, comme piégée par le reflux gastrique d’une mer couleur menthe. Absurdité, puisqu’elle ne peut plus lui échapper, la prend dans un déchainement de violence inerte et un torrent de câlins impassibles. Mais surprise : en arbre elle se métamorphose. Absurdité se cogne contre un mythe et tombe, inconsciente au beau milieu d’une vase d’argent unique.

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