A l’instar de mon ordinateur dernier cri, j’ai fort besoin
d’une mise à jour pour couvrir les miens. Tête basse je me précipite au bord de
ce précipice qu’on nomme « avenir » ; je ferais demi-tour si je
le pouvais. Un cycle de chimères se termine ce soir, à l’ombre d’une nuit
claire de février. Forcé par une main
que je ne saurais voir, j’annonce au passé ma démission. L’invisible auteur de
cette amère résolution tient mes ficelles d’une main ferme et sans lâcher sa
prise il m’agite et défie le hasard comme un sournois rappel de ma condition.
Si, d’un geste irréfléchi il tranchait mes liens, qui sait ce qu’il adviendrait
de moi, je m’affaisserais sans doute comme un vieil HLM dont on se débarrasse
car il gâche le paysage urbain. Chaînes bienfaitrices qui me prescrivent d’avancer,
vos maillons sont mes doutes, mes élans avortés. Au fond, j’ai résolu l’affaire,
j’ai vaincu le casse-tête, je t’ai vue douce menace ; toi qui te tient
derrière, toi qui aiguille ma route, toi qui éduque mes sens et qui crée ma
déroute, suis-je ton prisonnier ? Non. On aurait tort de croire que quelqu’un
nous attelle à la vie et coordonne nos actes, sans qu’on puisse se faire
entendre et maintenir le choix, intact. Retirez ces lunettes qui troublent
votre regard, éteignez ces néons qui éblouissent votre vue, ôtez enfin ce
masque qui vous cache et vous fait croire, que c’est un autre que vous, le
reflet du miroir. À bon lecteur, Salut !
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