mercredi 14 décembre 2011

Paris tu m'as donné ta Lumière et j'y ai vu de la boue


Lumières de Paris je vous contemple en contrebas, vous qui éclairez la misère. Non, elle n’a pas changé, dans le fond elle vous assaille toujours, vous grise le moral et vous arracherait bien les tripes dans un bain de sang rouge père noël.  Christmas où nous nous aveuglons de néons dorés pour ne pas voir la décrépitude au sol ; dans les vitrines du Printemps et de Lafayette, des poupées rockeuses font diversion par des gestes mécaniques qui font s’extasier la foule désireuse de magie en cette période. La pluie, en arrière-plan nous pousse dans des intérieurs vibrants de luxe et d’inaccessibles merveilles où des messieurs servent des croissants au beurre, pincettes à la main. Un musicien fusionne avec les airs d’hivers sous un porche peu solide. Autour, On le soutien.  La transe le réchauffe et ses doigts ne cessent leur élan sur le piano droit menacé par les gouttelettes d’un vendredi matin de Décembre. « J’ai 81 ans, j’ai faim, aidez-moi ». Cette prière est récurrente, cette prière est dérangeante. « C’est une honte qu’à notre époque cela existe encore ! ». Les quelques réflexions qui fusent au vent partent d’une bonne volonté, bien qu’elles soient totalement naïves, quand on connait la perte quotidienne de grâce et de beauté dont est victime le monde de 2011. Une autre supplique traine sur quelques murs à propos de « France Soir » qui est sur le point de disparaitre dans sa version papier. Sous la pluie, avec cette masse compacte qui nous fonce dedans à chaque secondes, on ne peut que déplorer les avancées technologiques et l’effacement progressif de la tradition française du journal sous sa forme solide. J’aime à croire que ce n’est au mieux qu’un rêve, au pire qu’une passade mais je n’imagine pas ce qui va logiquement suivre dans les années qui approchent irrémédiablement. Autant  se crever les yeux avec une baleine de parapluie tant qu’il en est encore temps. 

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