jeudi 15 décembre 2011

Les nouvelles de Paris n°1


Je n’ai jamais été un provincial. Bien sûr j’y suis né, mais ce fut une erreur.  Ma mère se trouvait sans au doute au mauvais endroit, au mauvais moment. Mon allergie aux bracelets date d’ailleurs de ces trois jours à la maternité où, ne sachant pas lire mais sentant que quelque chose n’allait pas, j’ai passé mon temps à crier. Sur mon bras, ces quelques lettres insignifiantes et à la fois empreintes d’une triste réalité : né à Nantes le 15 Décembre 2011. Ce n’était pas Redon me direz-vous, ce n’était quand même pas le fin fond du Finistère non plus, mais je ne sais pas, cela manquait de grandeur. J’ai vite quitté cette triste métropole quand l’occasion s’est présentée, c’est-à-dire jamais pour l’instant...je n’ai que seize ans et un oncle et une tante tenaces ! Oui parce que je leur ai pourri la vie à partir du moment où j’ai su comment s’appelait la capitale. Si les premiers mots que j’ai su dire correctement ont été Papa, Maman, ils ne furent pas longs à être remplacés par cinq lettres synonymes de tourmente pour toute ma famille. P-A-R-I-S : réponse directe ou indirecte à n’importe qu’elle question posée et même sans qu’aucune question m’ait été posée. Je n’ai jamais oublié jusqu’à aujourd’hui cet amour originel pour une ville somme toute désormais en sale état mais qui me fait toujours rêver, m’attire irrémédiablement vers elle malgré tout ce qui s’y est passé. Dans deux ans, majorité acquise je me dirigerai courageusement vers ses pavés noircis, au cœur de cette fin en soi, fin en moi,  quitte à me faire sauter la tronche dans un quelconque coin de rue par un quelconque extrémiste en manque de sang. C’est marrant de penser à mon jour de naissance, à ce qu’il se passait dans le monde à l’époque. Peur de perdre un triple AAA, Condamnation de Jacques Chirac (mort depuis cinq ans) à une peine presque sympathique comparée à ses méfaits passés, cette blague de François Hollande qui levait les espoirs et mon quotidien d’aujourd’hui qui n’était encore qu’une petite blague à peine menaçante : Marine. Dès que l’Arc de Triomphe et le Sacré-Cœur ont été rayés de la carte en Juin 2013, Sarkozy n’a plus suffit, il a fallu passer à l’extrême pour une majorité d’habitants effrayés devant la perte irrémédiable de ces deux symboles parisiens et français. Que la troisième guerre mondiale soit déclarée d’ici deux ou trois mois ne m’étonnerait guère, tellement l’atmosphère est lourde entre les continents Unis et les ligues de la gloire Mahométiste. Je vis dans une sale époque, je me plonge dans les bouquins d’Histoire afin de pénétrer le Paris des années 30, des années 60, des années 2000 lorsque la liberté semblait une acquisition certaine pour notre pays et que le mot « démocratie » était fièrement exhibé par nos Républiques. Mais il ne sert à rien d’être nostalgique, il faut faire quelque chose. J’ai toujours été fou et il est peu probable que vous ayez à me contredire…

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