samedi 24 décembre 2011

A Noël, comme chaque année, rejouons la même comédie !


Le réveillon du 24 Décembre, c’est le parcours du combattant quand il y a un petit dans la famille. Pire qu’un plan de bataille il faut parvenir à occuper les enfants durant un laps de temps suffisant afin de sortir les cadeaux de leurs placards, les disposer autour du sapin (pas trop bien rangés histoire de faire croire que le père Noël était pressé) et ne pas mélanger les étiquettes avec les prénoms de chacun. Pour certaines familles, ce problème ne se pose pas. Elles font la distribution le 25 au matin et gardent donc toute la nuit pour jouer au père Noël. Passé le problème des enfants il faut s’occuper des membres de la famille qui sont tous invités pour le grand banquet. Petit soucis : Jean Michel fait la gueule à Adélaïde (sa sœur) depuis que celle-ci a insulté sa femme Viviane il y a deux ans (Noël 2009). Mais ce n’est pas tout, la mère de famille, Marie Jeanne s’est entiché de son beau-fils Victor, ce qui fait la colère d’Adélaïde (sa fille). Sans tomber dans les extrêmes, je crois que nous connaissons tous ce genre d’histoire (et encore je ne parle pas des chamailleries liées à l’héritage). Dans chaque famille se trouve un arbitre (la personne calme et tempérée qui parvient souvent à faire cesser tout conflit naissant), un oncle con (et comme il est très vite saoul son cas est lourdement aggravé), une peste (qui lance des pics à tout le monde pour son plus grand plaisir), un blasé (qui fait la gueule pendant tout le réveillon, qui ne participe pas), un animateur (qu’on n’a pas forcément envie de suivre mais qui crie tellement fort qu’on ne remarque que lui), une dépressive (qui décide de s’exprimer sur son mal être le mauvais soir et plombe un bon quart de la fête), un faux absent (qui est trop occupé à tout préparer, comme d’habitude et qui passe son temps dans la cuisine), un véritable absent (qu’on a invité mais qui a trouvé une bonne excuse pour ne pas venir -> souvent lié aux problèmes d’héritage), un colérique (qui s’engueule avec n’importe qui pour tester ses limites), etc. La semaine précédant cette fameuse soirée annuelle est toujours l’occasion de déblatérer sur un seul et même sujet : le menu. Que choisir ? Dinde, poulet, chapon ? Est-ce nécessaire de mettre des marrons dans le plat ? Qui se chargera cette année d’éplucher les nombreuses pommes de terre ? Quelles bûches ? Pour combien de personnes ? Une part par personne ou davantage ? Un foie gras, mais un foie gras pas trop cher, si ? Et la liste est encore longue. Mais un réveillon de Noël n’en serait pas un sans la grande question du Père Noël. A partir de quand faut-il cesser de mentir aux enfants ? Les journalistes, ne sachant plus quoi trouver pour épiloguer sur les fêtes de Noël, ressortent tout un tas de problématiques essentielles pour la survie de l’humanité (et si ce n’est pour la survie de l’humanité,  au moins pour la tranquillité des parents) : faut-il, oui ou non continuer de faire croire au Père Noël ? Les uns et les autres retournent la question dans tous les sens pour en sortir une ou deux réponses satisfaisantes. Certains évoquent cette fable comme « le mensonge originel », quand d’autres crient sous toutes les cheminées que ce débat n’a pas de sens : « Pourquoi réfléchir sur le fait de donner du bonheur aux enfants ? Ce n’est pas comme si on cessait d’offrir des cadeaux après révélation de l’inexistence du Père Noël. ». Puis les internautes donnent leur avis mais aucun d’entre eux ne fait autorité. Annonciation de la magie de Noël. Quand le déballage des cadeaux arrive, on voit toujours quelqu’un qui filme ce grand moment et les grands enfants doivent toujours patienter avant d’ouvrir les leurs. Il faut regarder les petits trifouiller leur papiers cadeaux sans comprendre vraiment de quoi il s’agit (jusqu’à deux, trois ans) et parfois cela prend une bonne heure avant que tout soit déballé. Des envies silencieuses de meurtre se promènent autour du sapin quand les adolescents convoitent leurs présents et que les bambins prennent tout leur temps pour s’occuper de déchirer les papiers de couleurs. Puis tout le monde se jette sur les boites. On ouvre quelque chose et on cherche, dans la foule des invités qui peut bien nous avoir offert ce cd, cette paire de chaussure ou ce pavé de six-cent pages.On se sent presque Petit Jésus qui renifle son encens et cherche du regard le bon roi mage. Quand l’invité en question est découvert, on prend bien soin de le remercier (comme on prend bien soin au début d’être délicat envers les emballages, cela ne dure guère). Petit à petit on ne regarde même plus qui a offert quoi. On entre dans une sorte de transe. La reconnaissance s’envole comme les cadeaux se multiplient. L’habitude s’installe. On en veut toujours plus. Quand le dernier est ouvert, souvent ce moment s’accompagne d’une panique sourde mais qu’on ressent vivement au creux de l’estomac. C’est fini, jusqu’à l’année prochaine. 

2 commentaires:

  1. C'est fini jusqu'à l'anniversaire ... Mais l'anniversaire ne serait ce pas la 2eme fête commerciale du siècle ? Ou le désir secret d'une deuxième fournée de cadeaux avant le Noël suivant? A méditer ...

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  2. L'estomac a-t-il faim de bûche ou de présents ? Nous ne savons pas si le déballage des cadeaux s'opère avant, pendant, ou après le dîner dans ton réveillon-cauchemar à la sauce au homard. La progression est plutôt fine et le passage compris entre "Certains évoquent" et "l'inexistence du Père Noël", proche du délice. Hormis une faute ("laps"), des virgules et des tirets manquants, ce texte ne fait pas honte à l'orthographe (le miracle de Noël a frappé ta main). Toutefois, je ne peux m'empêcher de relever quelques clichés dans ce que tu nous décris. Même de loin, je ne me retrouve pas au sein de l'univers flambeur et funeste de ce réveillon. Peut-être est-ce parce que je fête le réveillon en petit comité, excluant gamins, oncle bourré et leurs lourdes conséquences.
    Je te conseille le visionnage du film d'Arnaud Depleschin, "Un conte de Noël" (disponible en streaming). Tu retrouveras en surface tes personnages mais à l'intérieur ce qui les meut. Je te pardonnerai contrairement à tout autre ciné(phile/aste) de ne pas aimer les films de Depleschin si tu retires tes propos blasphématoires et absurdes envers Chaplin. Merci d'avance.

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