Au bord de la rivière c’est la fin de la journée, les humains
rentrent du travail, retrouvent leur amour de jeunesse au foyer ainsi que leurs
beaux enfants parfaits, d’un point de vue totalement subjectif. Je radote et
j’aime ça ; les ricochets s’éclatent tant que le gel ne les arrête pas.
Bidule qui passe dans le coin, après sa promenade journalière à la lisière d’un
bois, se pose deux minutes sur un banc sale de ville que les années ont fini d’achever,
ainsi que les paroles débiles qu’il subit à longueur de journée. L’automne est déjà loin, ses malignes
sanguines se glissent dans le sol, seules traces qui subsistent d’une saison
gamme marron. Dans vos calendriers c’est encore son thème qui domine sur les
peintures grand mères, mais qu’on ne se le cache plus, quand on sort dehors,
c’est bien l’hiver, l’air ne ment pas. Il frappe les oreilles, ce jeu ne le
lasse pas, elles rougissent, n’en finissent pas jusqu’à s’immobiliser
complètement de froid. Violette esgourde perdue qu’un crétin à l’arrière
torture d’un geste du doigt. On ne peut rien faire, on a mal, on le détestait
déjà, mais là…C’est trop. Quand on lui coure après pour rétablir l’ordre, c’est
un coup de traître du verglas naissant qui s’interpose entre nous. Idiot coure
toujours au loin tandis que mon coxis est très mal en point. Prions ensemble
pour qu’il tombe à son tour, sauf que non, il glisse comme un patineur sans
vergogne et je m’en vais tout à l’heure vous dire tout le bien que je pense de
ces champions style Philippe Candeloro, dont les prouesses techniques sur la
glace effaceraient presque, je dis bien presque, l’effet auto dégradant que
provoque une seule de leur prise de parole devant les caméras, ou encore l’aridité dont est victime toute la partie
intérieure, droite et gauche de leur cerveau. Mais c’est bien ce vent violent refroidissant
les âmes, qui sévit aux portes des Monoprix de France. Pas qu’aux portes de ces
magasins inventés pour un profit direct sur les imbéciles qui acceptent de
payer trop cher pour pas mieux (dont je fais partie)…mais au moins, cela
rimait. La rime domine dans sa gloire la plus nulle. Le moral de la foule est
au plus bas ; vous le verrez, arrêtez-vous deux secondes devant les
fenêtres d’un tramway de dix-neuf heures. La séduction hiberne de manière
précoce en cette fin d’année 2011. Les femmes se cachent derrière les manteaux
bruns ; des ours dans la ville pour les plus dodues. C’est rassurant d’ailleurs
et c’est bientôt Noël. L’arrière-saison doit se rendre à l’évidence, il n’y a
plus rien pour elle ici. Elle a assez duré. J’adore l’hiver qui nous pique au cœur
quand on s’y attend le moins. C’est l’époque des grands malheurs, des
déceptions sentimentales où des voleurs (voleuses) se glissent à l’intérieur.
Les cloches extérieures qui n’ont pas de toit pour sonner, l’adorent moins et
il me semble qu’elles feront encore la manche à l’entrée des églises et ce,
surtout pendant la messe de minuit du vingt-quatre au soir. Et le monde s’écroule
encore, et des héros en costards, parait-il, le sauveraient trente-six fois par
mois. Je n’en vois pas les répercussions, petite créature dans son monde parfait.
Il y a les fumées, les trottoirs, les bouches d’égout où s’engouffrent à foison
des idées noires en manque de désespoir. Le « oir », connard, bâtard,
hussard, marre. La naissance de l’hiver est propice à une ballade en solitaire,
même si mes balades y sont les moins fructueuses, sous les arbres dénudés,
morts. Le gel s’empare des ricochets et les cailloux plongent au nord, dans la
rivière ; je m’éloigne vers elle…cette ville en manque de réconfort.

Oh la la ne me parle pas d'hiver ! C'est bien vrai ce que tu dis (il fait -1000 à Lyon), joues glacées, nez qui coule et compagnie !
RépondreSupprimerJ'ai trouvé ton texte plus agréable à lire surtout au deux tiers ^^. Ceci dit je retournerais bien volontier sur ton blog ;)
toujour pa de meuf ?
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