dimanche 6 novembre 2011

Réflexions sur le système éducatif français...

Nous sommes tous témoins de la perte de valeur de la langue française aux yeux de la majeure partie des adolescents et jeunes en général, qui préfèrent s’inventer leur propre mode d’écriture à partir d’un langage français basique, en raccourcissant des mots, en modifiant la syntaxe et en se débarrassant de toute contrainte grammaticale, quelle qu’elle soit.
Si cette déchéance, qui nous touche tous plus ou moins, est explicable d’une part à cause du fait qu’internet soit devenu en une décennie maître du monde et parce que les tchat, messenger, réseaux sociaux ont permis une simplification total des rapports à l’écriture, ce n’est pas la seule explication, je crois.
La modernité s’engage sur un grand nombre de voies, ainsi que sur celle de l’éducation. Quel grand mot que celui-là ! Quels enjeux aussi pour les hommes que nous serons demain ! Nous ne pouvons plus parler d’un système éducatif satisfaisant en France ( je ne vous apprends rien) car les professeurs, maîtres ou monsieur machin, se sont fait détrôner par des morveux qui se croient tout permis parce que leurs parents les ont monté sur un piédestal si haut qu’il est maintenant presque impossible de les faire redescendre. L’enfant roi est une préoccupation nationale. On a supprimé depuis longtemps le dauphin royal et en fait il y en a un presque dans chaque foyer ! Mais ne déversons pas toutes les fautes sur l’élève en lui-même car le professeur a pendant un temps trouvé son compte dans ce processus…fonctionnaire tranquille qui suit son chemin sans se préoccuper des personnes qu’il instruit et incapable de s’essayer un tant soit peu à de la psychologie, qu’elle soit de bas étage ou non. Mais ne généralisons pas !
L’autorité est une chose qui a trop effrayé le monde pendant des siècles et le français a très bien retenu la leçon : il n’a pas manqué l’occasion de s’en débarrasser lorsque la grande aubaine s’est présentée à lui (je parle ici des années 60). Pendant des siècles et plus précisément dans la première partie du vingtième siècle on a beaucoup craint le professeur et si la violence parfois démesurée de quelques sadiques a traumatisé bien des élèves et dégouté beaucoup de jeunes de l’apprentissage, d’autres professeurs sont parvenus, dans une large mesure à user d’une bonne autorité (c’est-à-dire de se faire respecter au bout du compte) et stimuler une bonne part  des élèves qui s’est donnée à fond durant toute sa scolarité, qui a compris ce que voulait dire le mot « politesse », qui a assimilé les clés de voute de la langue française, qui n’a pas eu à craindre de s’en prendre une , à moins de dépasser les bornes, ce que les plus malins et les plus sages évitaient de faire (il n’est pas étonnant que les rebelles figuraient dans le peloton de fin et qu’il n’étaient pas très nombreux).
Le professeur était celui qui continuait, en quelque sorte la figure du père de famille, et à cette époque on respectait son père et sa mère. Même si on prend en compte l’idée que la France de ce temps était soumise démesurément à la religion catholique qui dans ses principes de base (cf. Moise et les tables de la loi) ordonnait aux enfants d’honorer leurs parents, il n’est pas possible qu’elle en soit la seule origine.
Quand on voit aujourd’hui la manière dont les enfants parlent à leurs parents, on tombe des nues, vraiment. Et ce n’est pas être dépassé ou vouloir faire le moralisateur que de dire cela. Il y a des règles à suivre et la moindre d’entre elle est de ne pas mépriser les personnes qui nous ont donné la vie. Dans le monde actuel, comme tout est devenu plus simple avec les technologies avancées, on a envie de s’immerger complètement dans le bain de la simplicité et on en oublie parfois que les choses les plus importantes dans la vie, à savoir l’éducation des enfants par exemple, ne seront jamais déléguées aux machines (ou alors les parents ne serviront plus à rien !). La plupart des parents, qui sont des parents d’un genre nouveau, ont oublié leur rôle je crois et nécessitent l’aide d’un souffleur pour retrouver la mémoire! En cela je pense que des émissions comme « Super Nanny » (qui nous a quitté) étaient moins cons que les autres émissions de télé « réalité » car elles pouvaient donner de bonnes idées aux parents (d’une manière assez relative car on a du mal à y croire complètement) mais quand même.
Les parents pensent peut-être que les enfants s’éduquent tout seul ( ?) ou bien que la sagesse est innée,  pour n’avoir pas ce besoin (pourtant nécessaire) de leur procurer une aide sérieuse dans l’aube de leur existence. Mais ce n’est pas le cas !  A force d’idolâtrer leur progéniture, ils en oublient qu’elle n’est pas un dieu possédant la science infuse ou toutes les règles nécessaires pour la bonne marche de la vie en société. Cela se saurait si tel était le cas.
La crainte des enfants par rapport aux figures d’autorité, qu’on a voulu effacer totalement, était une chose très positive car elle permettait de bien établir le Surmoi (mais je ne voudrais pas rentrer dans des considérations psychanalytiques), juste dire que le sens de l’autorité ne s’acquière que durant les premières années et ce n’est pas un secret !
Les conséquences de ce relâchement se révèlent aujourd’hui : les enfants ne sont que des électrons libres qui font sans arrêt tourner en bourrique leurs géniteurs car ils comprennent vite (ce ne sont pas non plus des idiots) les filons de la ruse et en usent sans arrêt pour arriver à leurs fins. Oui, l’idée de morale ou de règles leur étant presque totalement inconnue ils n’ont pas appris les notions de « bien » et de « mal » qui sont pourtant des bases dans notre société.
Il n’est pas idiot de penser que, plus les générations avancent, plus les cerveaux évoluent d’un point de vue et régressent de l’autre pour donner une jeunesse toute différente. Celle dont on parle ici a emmagasiné un siècle d’histoire et  s’en est trouvée toute bouleversée et nouvelle. Si on suit cette idée, il faut changer presque totalement l’éducation, qui se voit étouffée par les êtres nouveaux qu’elle tente d’instruire à l’ancienne,  à la manière "d’il y a une trentaine d’années".
 Les professeurs ont affaire à des petits monstres, chefs de famille qui n’entendent pas se faire dominer par une seule personne alors qu’ils sont d’un nombre largement supérieur. Le maître est devenu depuis longtemps le bouffon de l’enfant roi, l’amuseur de la galerie et on ne se gêne pas pour se payer sa tête continuellement. C’est triste à dire et le taux de professeurs qui parvient, grâce à une pédagogie qui lui est propre et dont il a le secret à dominer la masse, est très faible.
Lorsqu’un professeur tente de mettre en œuvre des manières plus anciennes (qui remontent à cinquante ans) pour instruire les enfants ou pour se faire respecter, il ne se passe pas un jour avant que s’instruise son procès dans les rangs de cette confrérie DÉMONIAQUE que l’on nomme « association de parents d’élèves ». Quelle horreur que ce corps qui se croit le maître à la place du maître. Il est une épée de Damoclès sans arrêt pendant au-dessus des têtes professorales. Les parents veulent que l’on ménage les enfants comme s’ils étaient des créatures toutes faibles, n’ayant pas la possibilité de comprendre par eux-mêmes ce qu’ils doivent et ne doivent pas faire ou dire au professeur et donc, ils les ménagent comme des handicapés mentaux ou bien comme des princes devant qui il ne faut plus élever la voix, sous peine de se les faire couper ! J’exagère sans doute, mais je trouve que c’est un peu cela maintenant, les associations de parents.
Il n’est pas étonnant qu’un « ras le bol » s’élève dans les rangs des professeurs et que certains décident de résister à la vague par des méthodes plus que douteuses et d’autres,  de laisser leur nerfs prendre le dessus et devenir violents (voire fous et criminels pour les plus déséquilibrés). Et il n’est pas non plus étonnant que des élèves plus violents que la moyenne ou parfois dingues, il faut le dire (dans les établissements de zones plus difficiles ou même dans des endroits réputés très calmes) poignardent leur professeur sous les yeux de leurs camarades pour montrer à tous une supériorité claire qui finit par baigner dans le sang. C’est un retour à l’idée du dominant et du dominé de Hegel et comme l’enfant ou l’adolescent n’est parfois pas en mesure de dépasser un mode plus archaïque de pensée et de réaction face au monde ou à autrui, il se passe bien des drames sans qu’on puisse rien y faire, à part mettre en œuvre un chamboulement total du système éducatif et définir de nouvelles règles qui conviendraient mieux aux nouvelles générations d’élèves qui connaissent un monde sur lequel ils ont de plus en plus de prise grâce à la modernité et en même temps un monde de plus en plus dangereux où tout va trop vite, et dont les tenants, les piliers (qu’étaient les parents, les professeurs, l’autorité en général) tendent à s’effriter dangereusement, et finiront peut-être par s’effondrer bien plus tôt qu’on ne le croit. La situation est à prendre au sérieux.
De tout cela résulte également la baisse progressive de niveau ou d’intérêt envers l’école puisqu’elle n’est plus ce lieu sérieux où l’on doit apprendre, elle est devenu une cour de récréation perpétuelle où il serait bien de faire un effort durant la classe mais où l’on ne se fait plus vraiment grondé, donc ,comme on est un enfant et qu’on aime bien ne pas respecter les règles, en bon rebelle on fait tout le contraire de ce qu’on nous dit, on teste l’autre, on regarde un peu dans quel monde on se trouve et comme ce monde n’a pas l’air si inquiétant, on se permet de ne se donner aucun interdit, aucune limite, « il est interdit, d’interdire »…etc…etc… et s’en suit un cercle vicieux qui ne mène à rien d’excellent et c’est triste car nous perdons sûrement de grands esprits ou des personnes qui, plus tard pourraient faire quelque chose de génial, mais qui n’en font rien puisqu’on ne fait pas attention à eux dans le bon sens, c’est le problème.
On ne comprend pas les enfants et les adolescents. Ils se créent donc un autre monde, parce qu’ils voient que celui-ci ne donne pas réellement confiance et n'est pas si raisonnable qu'il voudrait le faire croire. Ils voient ce qu’on tente de leur apprendre mais ils comprennent aussi l’hypocrisie qui se cache derrière et sentent que leurs professeurs, que leurs parents ne sont plus de vrais parents, ne sont plus de véritables professeurs  mais de réels imposteurs (alors que ceux-là tentent de se le cacher à eux-mêmes). Alors tombons les masques !

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