samedi 5 novembre 2011

Et un cône d'amour, un.

Facilitez-vous la vie, carcasses enfumées ! Jetez-vous dans l’herbe fraiche sans attendre ! Broutez encore ces pâturages dans votre ennui délirant sans chercher à comprendre ! Demeurez l’esprit ramolli par les douceurs d’une puanteur qui vous asservit à la fainéantise, vous qui restez béats d'un grand sourire si gai mais si triste à la fois, qu’il attire toute la compassion du monde ! Que dis-je ? Toute la pitié de l’univers !! Roulez-vous parterre, sourds à la vie, pionniers de la végétation humaine, inconscients d’être cons. L’œil jaune des lacs malodorants de votre nullité pourrit le regard dans lequel on voudrait plonger. N’avez-vous pas honte d’être des fuyards, de tourner le dos comme ça à votre réelle condition ? De perdre un temps infime dans les buées verdâtres d’un splif tant désiré, après une journée épuisante, et, pauvres de vous, vous l’avez bien mérité votre néant. Légaliser votre connerie ?! Il ne manquerait plus que ça. C’est pire qu’une guerre et les pertes sont immenses, mais les cadavres restent sur Terre à voguer d’un bout à l’autre de leur mal être et défèquent tout ça sur les autres. Génération de ratés qui avance sur les dalles en disant : "un petit de temps en temps, ça ne fait pas de mal". Non ! et une petite claque de en temps non temps non plus ! Le mérite de vous faire botter les fesses est la seule chose que vous possédez. Affalés sur un canapé, on ne peut plus rien pour vous et vous battre serait bien mal agir, innocentes victimes qui ne cherchez qu’à passer un bon moment, oublier vos problèmes, dire « je t’emmerde » à une existence pénible et insensée; enfin c'est ce que vous pensez et vous encensez par là-même votre idiotie. S'il faut voyager au bout du monde pour en trouver, là vous vous bougerez car se faire un peu d’argent sur la carcasse encore pleine de quelqu’un vaut bien le redressement de votre silhouette éteinte et totalement allumée de l’intérieur. Vous montez sans arrêt dans un Grand Huit qui finit  tôt ou tard par s’écraser. Vous me direz : « mais c’est ça la vie, on finit tous par s’écraser ». Et je vous dirai merde, comme toujours. Ânes à qui on ne la fait pas, vous n’avancez plus pour atteindre la carotte car elle est à portée de votre souffle enfumé, dégueulasse : le paradis. Les paradis artificiels ! Encore un beau malin celui qui a dit cela.
Il y a aussi vous autres, les excités. Vous n’êtes pas comme les limaces précédemment évoquées, vous filez à droite, à gauche, sur le dancefloor, dans les usines, dans des cathédrales que vous vous inventez. Vous ne dormez qu’à l’hôpital mais on vous y voit rarement, malheureusement. Vous ne creusez pas le trou de la sécurité sociale mais vous creusez le vôtre. Vous préférez tenir la cadence, brûler la vie ! Une pilule en bouche et c’est vite reparti,  trop vite, on ne vous voit même pas passer, vous ratez tout, votre rythme cardiaque augmente et votre ligne se brise. Vous, les narines saupoudrées ! Vous pensez faire face au monde entier mais vous êtes des enfants qui avez remplacé votre mère par une mère criminelle, sous des apparences de réconfort et d'oubli elle vous suce le sang comme vous l'aspirez. Suicidez-vous, ce sera encore plus rapide ! Ne faites pas mourir votre cerveau à petit feu quand vous pouvez directement faire le grand saut. Bondissez d'une fenêtre dans le vide et vous connaitrez des sensations encore plus fortes ! La vitesse grandiose, le bonheur avant la chute, et ça n’aura aucun secret pour vous qui l’expérimentez sans cesse, sans trop vous en rendre compte. 
« Pauvre abruti »…l’écho de votre pensée m’arrive aux oreilles, je n’y connais rien, c’est vrai, je n’ai peut-être jamais touché à ce fruit, mais je sais qu’un ver y habite. Je devrais sans doute faire le grand saut moi aussi, pour prouver ma bonne foi, y toucher une fois? Pour dire ma pensée et mes horreurs, m’en procurer dans l’heure ? Certainement que non : les effets d’un rhume sont bien assez visibles sans avoir besoin d’en choper un soi-même.
« Mais tu bois bien, non ? » Assez peu, et je n’admire pas cette boisson légale qui est loin pour moi d’être un régal. L’humain doit-être bien faible pour n’avoir pas la force de s’affirmer autrement que par cela... Mais vaines paroles. Qui est-ce que je cherche à convaincre ? C’est perdu d’avance, mais cette lecture difficile n’est-elle pas prétexte à un bon pétard ?
Et je ne parle même pas des siphonnés de la piquouse à qui je rendrais bien un grand service. Je les mènerais dans un parc d’attraction dont ils ne sortiraient jamais et qu’ils apprécieraient fort bien. Une bonne dose injectée et ce serait le rêve sans fin à Euthanasia. Mais quel monstre ! "Requiem for a dream" m’a ennuyé, que voulez-vous.
Aux Festivals, des corps se trouvant bien mal, perdus dans la foule, dans le brouillard et sous les tentes malencontreusement partagées entre tous, les doigts dans le foutre à exploser ses tympans en bons hippies après deux mille ans de guerres,  ce n’est pas beau ? Que voulez-vous de plus ?  La terre? La pisse partout répandue par les acolytes de l’alcoolisme ambiant? Un Woodstock à jamais répété serait votre rêve mais sans parvenir à l’égaler vous ne vous offrez aucune trêve. Vous descendez encore et encore dans les mines jusqu’à ne plus réussir à refaire surface. Minasse somme toute agréable, en rencontrant des inconnus, et c’est toute la belle humanité qui regarde et qui s’arrange pour ne pas se voir. C'est l'humanisme capsule de bière. Amour des sens, amour de l’errance, amour des plaisirs et haine de la vie. Car ça n’est pas la vie, ça y participe, c'est vrai, mais en grande quantité on devient vite drogué.

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