lundi 7 novembre 2011

La nuit à Nantes, quand je ne rime à rien.


Ce soir philanthropie et  misanthropie se battent en duel,  j’arrache les feuilles mortes et humides qui me collent aux basques tout en maudissant le ciel de m’envoyer ces gouttelettes insupportables. Et toi mon vieux ne m’approche pas avec tes bottes douteuses, je n’ai pas d’argent sur moi et toujours l’impression mauvaise qu’on va m’attaquer ; je sers dans ma poche le couteau invisible que je regrette de ne pas avoir apporté.  Pourtant ce temps est propice à la danse, dans les rues sombres mais chantantes de cette ville le dimanche soir. Il pleut toujours sur Nantes Barbara quand je sors de chez moi et ce n’est pas souvent (le cas) malheureusement. Je marche sans grand espoir mais le vent souffle dans mon dos d’une telle force que je me mets à penser qu’il veut me mener quelque part. Quel est ce dessein mystérieux que les éléments me cachent ? Et cette pluie, misérable pluie qui s’abat sur le trottoir telle une lame transparente de rasoir, tout cela m’ennuie. Une ombre gothique se déplace à quelques mètres de moi, ça y est, mon imagination est lâchée. Un vampire se déplace à quelques mètres de moi et je ne m’enfuie pas, j’aimerais que l’on me morde pour une fois. Cette rime vulgaire pleine d’indécence, je l’accueille les bras ouverts ! Le regard est l’un des sens qui me fait le moins défaut et je scrute comme un chat sauvage l’indécision du vent qui se pâme parmi les drapeaux. Les teintes sont ternes, je ne reconnais pas de nation… c’est qu’il n’y en a aucune la nuit, tout se mélange et les couleurs s’en vont, le noire est notre seul pays. Novembre avant de descendre dans les bas quartiers de ma folie je te demande de me mener sans attendre sur les allées des malappris. Pour me battre et débattre de la vérité des sentiments je m’élancerai vers ces esprits débridés, même si rien n’est encore blanc ici, la neige s’apprête déjà à tomber je me méfie de cette clarté que le vent sème sur les pavés vieillis, frappés par les démarches des passants, toutes différentes ; certaines se voilent d’une timidité d’été, d’autres se vantent. En hiver. J’ai le vertige des choses quand les couloirs de la civilisation sont vides. Pourtant j’aime errer, ces vallées sont riches quand on daigne prêter l’oreille pour les écouter. Silence de l’homme permet le murmure de l’invisible. Mais je rentre chez moi car les loups sont aux abois.

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