jeudi 17 novembre 2011

Night-Club sensitif


Le silence de minuit résonne à mes oreilles comme épilogue de notre passion. Tu es partie, sans remords aucun avec ces autres qui dansent la vie dans des boîtes, la nuit. L’idée de t’y suivre n’est que prétexte pour penser à toi, pour t’imaginer ; je ne m’en tirerais pas au milieu de ces lumières multicolores qui font perdre la tête sans jamais voir son corps. La musique qui accompagne tes gestes et sur laquelle tu te trémousse, trainée me donne la nausée même sans l’entendre et te savoir joyeuse, pendue à cette barre où tu t’élances, te balance toute transpirante de sensualité,  avec ces mains dégueulasses qui cherchent dans l’air à t’effleurer, bercées par l’assourdissante mélodie électro house, produit en moi mille tourments. Le temps d’un « Joyeux anniversaire Carole qui est dans la salle » que prononce le DJ fou furieux et les ondulations corporelles de la foule hébétée par l’alcool et les pilules magiques, reprennent de plus belle. J’ai déjà pris la route qui me mènera vers toi, elle est semée d’embuches que je ne soupçonnais pas. Des videurs au loin, au style capuche fourrure, ne se doutent de rien quant à ma nature. Je ne suis pas fou, non pas du tout mais quand même, toi l’infidèle tu m’appartiens et je t’m en langage sms. Les manches retroussées de mon imbécilité chronique me mènent tout droit à la chute, dérouillée, panique. On m’attrape d’une main, je ne me défends pas ; quand bien même le voudrais-je, je ne le pourrais pas. Et voilà que je glisse sur le verglas ; il est deux heures du matin. Entre temps j’ai chanté, entre temps j’ai joué. Pour me morfondre encore davantage j’ai pensé sauter trois étages. Mais non, rien. J’ai passé l’âge. A peine un solo de guitare pour donner corps à mes idées noires, à peine une musique au piano pour, de Frédérique le romantique me croire le fils spirituel, à nouveau. J’ai lu un tas d’ouvrages, des sermons sur la déprime sans jamais mettre le bon doigt sur mes symptômes bleu marine. Des pages et des pages pour oublier que toi dans cette maudite boite, à moi tu ne songeais même pas. Tu t’es volontiers donnée toute entière à ces cons de clubbers qui t’adorent, philosophes de l’âge de pierre : gel, crête, jean fashion et ceinture qui ressort. Ce que tu aimes chez ces gars-là c’est l’insouciante bêtise, la drague facile, l’imperturbable minois de ceux qui ne doutent pas. Que veux-tu, en chaque homme il y a un raté qui sommeille, le leur fait la grasse mat’ quand le mien se réveille.  Je n’ai pas, par tous les moyens cherché à te retenir, car j’entrevoyais déjà nos faiblesses à venir. Chaque couple est, dès sa formation, en puissance, sur sa fin ; le battement d’aile n’est jamais très loin. Tout couple porte en lui la graine de la rupture et sur le chemin sinueux qu’est l’amour il faut savoir que rien ne dure. Mais pourtant mon désir vit toujours, je n’ai pas cessé à l’heure où je t’exècre de t’adorer pis encore. Allongé sur le sol, du sang entre les dents et une entaille sur l’arcade, quelle garce ! Un œil gonflé, un œil fermé pour ne pas voir le gouffre dans lequel tu m’as poussé. Et toi tu danses, tu danses et te perds volontiers dans une transe nocturne presque irréelle qui, de mon point de vue où je mords la poussière, me semble rance. Tu ne penses plus à rien, tu n’entends pas. Je ne suis pas encore mort d’une rupture…Les videurs s’éloignent dans le noir après m’avoir craché dessus une dernière fois. Je ne pense plus à rien, je n’entends pas. Tu sors de ta boîte et m’aperçois sur l’asphalte. Tu t’approches, me reconnais, tu paniques, je te reconnais-là. Un soutien un peu tardif, c’est l’amour qui titube et se retrouve au sol. Ne cherche plus à bouger. Là est notre place. Dernier effort avant implosion et la boîte se referme jusqu’à la prochaine. Amour de garce.

8 commentaires:

  1. Bonjour !
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    Zaroff

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  2. T'es sex, viens avek moa la nui et on sora si c la déprime ou les meufs qui t'attire !

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  3. Volontiers ! Dommage que tu ne me donnes pas ton nom...

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  4. c mon corp que tu veus, pas mon nom.

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  5. joyeux anné, mem si tu ma pas dit si tétai celib, com tu parle pa de meuf je me dit que j'ai mais chance

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