ICI plus rien n'est possible, tout a été dit, redit : une seule chose sous toutes ses formes et dans le seul but de plaire.
Maintenant qui suis-je vraiment, sinon le fruit d'un accouplement un peu passionnel entre un homme et une femme ? Puis le résultat d'une éducation qui a fait de son mieux. Enfin le rejeton de l'univers.
Liberté totale de faire comme tout le monde qui m'a fait perdre de vue mon être, censé sourire quand il faisait drôle et pleurer quand il faisait triste.
Néanmoins, maintenant qu'il n'y a plus rien, que le monde est réduit au silence, que le néant m'entoure sous l'apparence d'une fumée noire presque solide, les regrets me quittent comme très prochainement, la vie. J'entends d'ici mon frère crier et le vide capturer son râle. Rien ne sert d'élever la voix pour se parler à soi-même. C'est la perte de son bras qui le chagrine un peu semble-t-il, il n'a pas eu le temps de s'y préparer. Il faut dire que c'est arrivé bien vite, je n'ai eu qu'un instant d'inattention, coincé sous une tonne d'idées stupides, comme d'habitude et mon frère se vantait. Et voilà que ce qui nous pendait au nez depuis des décennies est arrivé. Une espèce de nébulosité monstrueuse et belle s'est présentée au loin avant de déferler sur les restes de Terre non dévorés, se délectant de cette véracité qu'on ne lui connaissait pas, malheureux constructeurs d'édifices millénaires qu'une boue irrespectueuse et surhumaine a avalé en deux temps... On se l'est prise en pleine gueule, si vous voulez. Je n'ai pas compris, mais pour tout vous dire je n'ai jamais vraiment compris le moindre instant de ma vie, alors ça n'allait pas changer quoi que ce soit.
Nous étions sur une terrasse de café. Aux secours, ai-je tout de suite songé. Puis après coup, je me suis dit que ces braves gens ne seraient pas d'une grande aide, dans ce cas de désintégration totale du monde. Pourtant, ce monde, bien qu'en très mauvais état, devait-il toujours "respirer" car, enfoui sous plusieurs tonnes de mes idées encore stupides et des débris de poussières brûlantes et à la fois glacées, je pensais. Je ne sentais pas la douleur physique, et mes sens fonctionnaient bien mieux qu'à la normale . La seule douleur encore en lice se situait à l'intérieur et à côté de ce sifflement persistant, l'amas des paysages détruits faisait office de lit douillet.
Mais tout va bien, c'est une migraine. Je suis vivant. Je ne suis même pas blessé. Maintenant il faut tout reconstruire. Ce n'est pas un problème, on l'a déjà fait par le passé.
Mon frère a cessé de crier. Il est mort le pauvre.
Mais non le voilà qui arrive, il a retrouvé son bras. Il a retrouvé le sourire.
Pour un monde détruit, il y a beaucoup de survivants. Pour une Terre assombrie, il y a beaucoup de lumière. Ce qui serait aveuglant en tant normal est en cet instant agréable et même le Soleil ferait pâle figure à côté. Tiens, je ne le vois pas le Soleil. Aurait-il disparu lui aussi ? Nous n'avons plus de Terre, nous sommes des migrants non volontaires, mais bien forcés d'avancer.
Maintenant qui suis-je vraiment, sinon le fruit d'un accouplement un peu passionnel entre un homme et une femme ? Puis le résultat d'une éducation qui a fait de son mieux. Enfin le rejeton de l'univers.
Liberté totale de faire comme tout le monde qui m'a fait perdre de vue mon être, censé sourire quand il faisait drôle et pleurer quand il faisait triste.
Néanmoins, maintenant qu'il n'y a plus rien, que le monde est réduit au silence, que le néant m'entoure sous l'apparence d'une fumée noire presque solide, les regrets me quittent comme très prochainement, la vie. J'entends d'ici mon frère crier et le vide capturer son râle. Rien ne sert d'élever la voix pour se parler à soi-même. C'est la perte de son bras qui le chagrine un peu semble-t-il, il n'a pas eu le temps de s'y préparer. Il faut dire que c'est arrivé bien vite, je n'ai eu qu'un instant d'inattention, coincé sous une tonne d'idées stupides, comme d'habitude et mon frère se vantait. Et voilà que ce qui nous pendait au nez depuis des décennies est arrivé. Une espèce de nébulosité monstrueuse et belle s'est présentée au loin avant de déferler sur les restes de Terre non dévorés, se délectant de cette véracité qu'on ne lui connaissait pas, malheureux constructeurs d'édifices millénaires qu'une boue irrespectueuse et surhumaine a avalé en deux temps... On se l'est prise en pleine gueule, si vous voulez. Je n'ai pas compris, mais pour tout vous dire je n'ai jamais vraiment compris le moindre instant de ma vie, alors ça n'allait pas changer quoi que ce soit.
Nous étions sur une terrasse de café. Aux secours, ai-je tout de suite songé. Puis après coup, je me suis dit que ces braves gens ne seraient pas d'une grande aide, dans ce cas de désintégration totale du monde. Pourtant, ce monde, bien qu'en très mauvais état, devait-il toujours "respirer" car, enfoui sous plusieurs tonnes de mes idées encore stupides et des débris de poussières brûlantes et à la fois glacées, je pensais. Je ne sentais pas la douleur physique, et mes sens fonctionnaient bien mieux qu'à la normale . La seule douleur encore en lice se situait à l'intérieur et à côté de ce sifflement persistant, l'amas des paysages détruits faisait office de lit douillet.
Mais tout va bien, c'est une migraine. Je suis vivant. Je ne suis même pas blessé. Maintenant il faut tout reconstruire. Ce n'est pas un problème, on l'a déjà fait par le passé.
Mon frère a cessé de crier. Il est mort le pauvre.
Mais non le voilà qui arrive, il a retrouvé son bras. Il a retrouvé le sourire.
Pour un monde détruit, il y a beaucoup de survivants. Pour une Terre assombrie, il y a beaucoup de lumière. Ce qui serait aveuglant en tant normal est en cet instant agréable et même le Soleil ferait pâle figure à côté. Tiens, je ne le vois pas le Soleil. Aurait-il disparu lui aussi ? Nous n'avons plus de Terre, nous sommes des migrants non volontaires, mais bien forcés d'avancer.
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