mercredi 26 octobre 2011

La meute sociale

Facebook est notre âme scindée en deux qu'on abandonne à une sociabilité virtuelle. La laisser oui, mais jamais trop longtemps, car les loups sont proches. Elle se perdrait sans aucun doute et nous serions l'éleveur livrant son agneau aux bêtes féroces. Peut-on même songer sérieusement à pouvoir abandonner cette partie de nous-même, distribuée à qui le veut bien, ami ou ennemi en puissance ? Sûrement que la faiblesse m'emporte comme tous les autres du même acabit. Vous concentrez votre âme alors qu'elle les attire. Vous n'êtes pas une victime, vous n'êtes qu'un loup comme l'autre. Vous êtes vous-même attiré par le concentré d'âme. Et la toile se tisse, petit à petit. Le mur se construit, briques après briques. La prison s'élève et s'avère confortable, car qui construirait un taudis de prison pour lui-même ? Personne. La meute s'organise. Nous sommes dominateurs comme dominés, gardiens comme prisonniers. La meute s'agrandit de jours en jours mais certains disparaissent, morts ou délivrés d'eux-mêmes, retournés à la liberté. On n'entend plus parler d'eux, mais ils finissent parfois par revenir, succombant au désir intérieur de se laisser entrainer, d'actionner le pilote automatique de la vie. Puis tout ceci fonctionne très bien, mais jusqu'à quand ? Pendant longtemps, espèrent-ils, les chefs de meute ou dresseurs de loups.

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