Il n'y a que les croyants et les schizophrènes et Johnny Halliday qui ne sont jamais seuls. Les uns ont Dieu en eux, les autres communiquent avec leur double et le dernier est en bout de carrière, ne sachant plus quoi faire pour vendre ses pitoyables ou sublimes mélodies (on ne voudrait en aucun cas, mon double et moi, déplaire aux grands fans). Puis vient, non pas une majorité, mais un large reste soumis à lui-même, à ses espoirs, ses déceptions, ses espoirs, ses déceptions...Que faire pour que la solitude cesse ? Question qui demeure dans tout esprit de ce type. Ce large reste se veut perdu : aveugle puisque incapable de percevoir un Dieu, sain d'esprit car possédant une personnalité univoque et très triste au fond de lui-même pour la seule raison qu'il lui est impossible de percer le secret de l'increvable rockeur. Ce large reste est solitaire et davantage par contrainte que par choix. La quête des solitaires (à défaut de ne pouvoir acquérir une sociabilité absolue) est de faire tout leur possible pour arracher un tant soit peu de sociabilité à la vie ou même faire croire à un paradis où ils ne seraient jamais vraiment seuls (Serait-on en train d'évoquer un fameux endroit où il serait possible de multiplier les liens de sociabilité et ou un seul clique suffirait pour se donner l'impression d'être entouré d'une foule d'amis(amis?). Espoir ou illusion, espoir et illusion, d'espoirs en illusions les esseulés voudraient imaginer la possibilité d'effacer la solitude comme un mauvais rêve. Seulement, tout le monde (mis à part les trois catégories évoquées par ailleurs qui elles seules [sans mauvais jeu de mot] ont découvert le secret de la non-solitude ---> les ermites, les malades et le vieux con qui choisit un titre d'album qu'il croit qu'il est cool) est seul. Il faut alors, citer maintenant, car arrivés au sommet de notre pauvre réflexion, un grand penseur, le penseur de la solitude dirions-nous si nous osions lui coller une étiquette, LE philosophe du monde musical français : Garou. N'est-ce pas Garou, ce Garou qui chante lui-même sur un ring de boxe (et tant pis si vous n'avez pas vu le clip il y a environ dix ans) : << Tant de fois j'ai tenté, d'aller toucher les étoiles, que souvent en tombant, je m'y suis fait mal >> ? Et n'est-ce pas ce même Garou qui, quelques couplets plus bas, entonne ces mots qui résument à eux seuls toute une philosophie : << Celui qui n'a jamais été seul, au moins une fois dans sa vie, seul au fond de son lit, seul au bout de la nuit....celui qui n'a jamais été seul, au moins une fois dans sa vie, peut-il seulement aimer, peut-il aimer jamais >> ?Après cela, nous ne saurions enrichir mieux que cet homme toute manière de penser la solitude. Il faudrait tout de même, évoquer une dernière catégorie (oui, nous aimons catégoriser les choses) : les insociables ou asociaux qui eux choisissent ou ne peuvent résister à l'envie d'être seuls. Soient ils se sentent incapables de supporter les foules qui restent un véritable cauchemars à leurs yeux, soient ils se sentent supérieurs, trop éclairés peut-être pour se laisser aller à une collaboration, si courte ou inconséquente soit-elle. Il serait intéressant de ne pas oublier le cas d'une amitié entre insociables, un genre d'amitié qui dure le temps de la communication des idées et qui se termine quand ils n'ont plus rien à se dire, quand la barrière du caractère dominant se fait telle qu'ils ne peuvent se résoudre à instaurer, comme le font les êtres qui se veulent sociaux, des divertissements à faire ensemble (discussions inutiles, commérages, jeux, alcool, soirées... enfin tout ce que nous connaissons).
Que penser de tout ça ? Que faire ? Organiser un combat entre Johnny et Garou, me direz-vous. Mais, sachant que l'un n'est jamais seul et que l'autre l'est toujours, cela serait injuste. En effet Garou se ferait littéralement casser la gueule, massacrer même. Nous serions obligés, Dieu, mon double et moi de commencer une pauvre réflexion sur l'injustice. Ça, personne ne le veut.
Que penser de tout ça ? Que faire ? Organiser un combat entre Johnny et Garou, me direz-vous. Mais, sachant que l'un n'est jamais seul et que l'autre l'est toujours, cela serait injuste. En effet Garou se ferait littéralement casser la gueule, massacrer même. Nous serions obligés, Dieu, mon double et moi de commencer une pauvre réflexion sur l'injustice. Ça, personne ne le veut.
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