mercredi 26 octobre 2011

Junon


Ça fourmille gravement dans la rue, la ronde de la CGT sur le chemin m'ennuie ; les problèmes d'autrui ne me préoccupent guère, la politique encore moins. Des chants de beauf sont lancés à pleine haleine par des Patrick Sébastien en herbe. Je veux seulement poser mon cul rue Gambetta avec pour mélodie les cordes frappées de Chopin qui caressent les tympans sans faire promesses à de l'espoir en masse. Elles s'offrent à moi, suffisamment. C'est l'apogée et l'éclatement imminent d'une bulle. Le temps vacille dangereusement entre le grisâtre à la française et les notes colorées d'une aube d'automne ; l'architecture m'apparait turque. La marche s’éloigne, le calme alors. De ma hauteur et de sa distance elle semble funèbre. Une pause, puis tout va repartir : l’ennui, le langage saccadé, les heures à compter les minutes en cherchant un signe de compréhension, en vain. Enfin l'Irlande du jeudi, mon objectif parmi tant d’autres, j'espère toujours que ce jour viendra. On passe notre temps à analyser le passé, à chercher à comprendre des êtres absents, partis depuis des siècles, sans respecter l'absence des êtres, leur silence. On analyse les états d'âmes qu'ils crachaient sur papier durant les heures d'inspiration et au gré des sentiments. De l'art à ce qu'on raconte, mais cela a-t-il un sens? Vais-je comprendre la vie dans les écrits d'un autre...d'un autre temps? Le doute me fusille du regard, on s'en doutera. Des détails de littéraires qui tournent au scientifique si je ne m'abuse. Un piano ou un pichet, s'il vous plaît.

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