Les cris
espagnols de ma voisine se sont tus. Paris s’endort en fin d’après-midi.
Aux bras
des nuages gris de Payne se trainent des rayons éperdus qui voudraient tant te
voir ici.
Ton avion
linéaire, traqué par une lune pleine, se shoote au kérosène, zen sur un
gracieux ballet de masques à oxygène.
La lumière
est vile ce soir ; je voudrais dormir sur Seine, sous les lampadaires, sur
les berges luxueuses, dans les draps de l’île St Louis. Mais pas sous la bise
suffocante, pas avec les pantins du métro et surtout pas dans la solitude des
foules de ma carte postale. Toutes ces fissures de l’ancien monde !
Un ouragan
de liberté a soufflé au jour de l’an. Je sens aujourd’hui ses ruines, telles le
courant d’une nouvelle ère qui me pousse.
Cette ville
avilissante sent la mort. Trop d’éclairs y sont tombés. Sous les toits, mes
mains électrisées parcourent des kilomètres de touches blanches et noires en
espérant y trouver un semblant de lumière, un appui pour les aveugles ?
Mais le soleil n’y entre même plus, chassé par les douanes superficielles d’une
stratosphère malade. Le soleil est ailleurs, dans l’océan indien, comme la
lumière. L’éternité a un goût amer quand on voit passer les heures, détachées,
hautaines, détestables !
Le
décollage est imminent.

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