lundi 20 janvier 2014

Les valises sont des fêtes.

     
    Les cris espagnols de ma voisine se sont tus. Paris s’endort en fin d’après-midi.
   Aux bras des nuages gris de Payne se trainent des rayons éperdus qui voudraient tant te voir ici.
   Ton avion linéaire, traqué par une lune pleine, se shoote au kérosène, zen sur un gracieux ballet de masques à oxygène.
   La lumière est vile ce soir ; je voudrais dormir sur Seine, sous les lampadaires, sur les berges luxueuses, dans les draps de l’île St Louis. Mais pas sous la bise suffocante, pas avec les pantins du métro et surtout pas dans la solitude des foules de ma carte postale. Toutes ces fissures de l’ancien monde !
   Un ouragan de liberté a soufflé au jour de l’an. Je sens aujourd’hui ses ruines, telles le courant d’une nouvelle ère qui me pousse.
   Cette ville avilissante sent la mort. Trop d’éclairs y sont tombés. Sous les toits, mes mains électrisées parcourent des kilomètres de touches blanches et noires en espérant y trouver un semblant de lumière, un appui pour les aveugles ? Mais le soleil n’y entre même plus, chassé par les douanes superficielles d’une stratosphère malade. Le soleil est ailleurs, dans l’océan indien, comme la lumière. L’éternité a un goût amer quand on voit passer les heures, détachées, hautaines, détestables !
   Le décollage est imminent.

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