"Quand je pense à hier, quand je pense à demain, quand je ferme mes yeux jusqu'au petit matin, quand je couche mon corps, tête pointant le nord et que je sens mon dos rappelant le troupeau.
Quand les funérailles de ballet, là où les gens baillent en anglais, font que même la vieillesse empreinte de paresse, finit par doubler le masque d'Orphée.
Quand l'hypocrisie est de mise, entre la peau et la chemise, quand la rivière coule et que tout déboule, malgré le sang et les dents qui cassent.
Non, je ne parlerai pas, oh non, je ne parlerai pas.
Car il y a une rivière qui a poussé entre nous, même si la Terre toute entière ferme les yeux et s'en fout et si un jour tu y plonges, moi j'y plongerai avec toi pour noyer, dans la pénombre la grandeur de nos ébats.
Et si la Terre toute entière se met à rire de nous, nous leur lancerons des pierres, pour grafigner nos genoux, mais non jamais, mais oui je sais que je ne parlerai pas, bouche gelée jusqu'à ce que nos deux corps soient enterrés.
Alors non, je ne parlerai pas, oh non, je ne parlerai pas.
Pour toutes les grands mères de la Terre, celles qui partiront dans le vent, celles qui partiront pour la guerre, armées d'enfants.
Moi, j'ai rongé les sabots de l'âme, pour oublier que l'on oublie toutes ces obscénités qu'on a pré-arrangées, que même un Pape outré ne pourrait condamner.
Alors non, je ne parlerai pas, oh non je ne parlerai pas."

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