samedi 29 octobre 2011

Babiole ou l'optimisme caché

Lorsqu’on disait de lui qu’il était d’un pessimisme à se jeter d’une falaise, ça le faisait sourire car il y a dans tout jugement extrême quelques bouffonneries, mais au fond de lui-même, là où le silence capturait jalousement l’écho de sa vraie voix, il criait : FADAISES !!! Il les comprenait bien pourtant ces critiques puisqu’il en était à l’origine. Notre apparence construit pour nous tout jugement extérieur d’autrui où il se plaît à chercher notre petit bête et lui coller une étiquette de préférence déjà connue, déjà classée, avec le bon diagnostic pour y répondre. Le pessimisme a un fort attrait aujourd’hui en littérature ; il colle à la peau ou plutôt à l’image de l’écrivain type, penché sur une feuille ou il se fait le juge cruel de toute une époque qui l’a vu naître, où il dénonce la modernité, les personnalités diverses qui font plonger davantage encore l’humanité en deçà de sa grandeur d’antan, où il raconte l’ennui et regretterait presque la guerre qui faisait les hommes exister en vrai et non au travers d’un monde quasi virtuel, et il fume, et il boit pour oublier et se donner le genre escompté, il vit reclus dans son univers sépia et la poussière a tendance à obstruer les conduits de la pensée. Le pessimisme est un outil idéal pour qui veut jouer le rôle de l’écrivain réactionnaire et maudit, et las… C’est donc ce qu’il a fait pour brouiller les pistes menant au véritable autel de sa pensée et paraître, toujours autre.
Même si, pour les autres, il devient LE pessimiste, ce qui est une grande preuve d’égoïsme, pour lui-même il matérialise l’optimisme dans sa forme la plus pure. L’humain, il le place au premier plan de sa hiérarchie et ne se laisse pas obscurcir le moral par certains hommes qui nous prouvent tout le contraire. Dans cette bulle épaisse qui est son pays à lui, il ne pleurniche pas sur le passé mais annonce un futur meilleur, souhaite en devenir l’acteur et ses ennemis sont ceux-là même qui appartiennent au camp duquel il prétend provenir lui aussi. Je l’explique mal car, pour lui il n’est pas question de camp, il ne veut pas que le monde de demain soit le fruit de divisions ; il peste donc sans cesse sur la classe politique, la classe extrémiste et les faiseurs d’inégalités.
Tout ceci est bien joli, mais quel intérêt pour nous qui ne le connaissons pas tel qu’il est véritablement ? Il garde pour lui ses trésors et nous vend sa camelote, il dénigre son masque mais ne l’abaisse pas, il se voit dans le futur mais se cache dans les jupes du passé.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire